Pourquoi continuons-nous à faire toujours la même chose ?
« C’est de la folie de continuer à faire la même chose et s’attendre à un résultat différent. » Cette phrase, souvent attribuée à Albert Einstein, résume avec une précision saisissante l’un des mécanismes les plus courants que j’observe en thérapie brève: la répétition des mêmes tentatives de solution, face à des problèmes qui persistent — voire s’aggravent.
La thérapie brève systémique est une approche psychothérapeutique qui vise précisément à identifier et interrompre ces répétitions inefficaces, pour ouvrir la voie à un changement réel et durable. Elle ne cherche pas à comprendre pourquoi vous faites toujours la même chose — elle cherche à vous aider à faire autrement.
Cette dynamique n’est pas une question d’intelligence ou de manque de volonté. C’est une question de logique interne. Et comprendre pourquoi nous tombons dans ce piège est souvent le premier pas vers un changement thérapeutique réel et durable.
Qu’est-ce que les tentatives de solution répétées ?
En thérapie brève systémique et stratégique, cette dynamique porte un nom précis : les tentatives de solution répétées. Paul Watzlawick, psychiatre et théoricien majeur de l’École de Palo Alto, l’a théorisée avec une remarquable précision dans Changements : Paradoxes et Psychothérapie (1975).
Définition : Une tentative de solution répétée est une stratégie que nous appliquons face à un problème, qui non seulement ne résout pas ce problème, mais contribue activement à le maintenir — voire à l’aggraver.
Watzlawick observe que face à un problème, notre premier réflexe est de faire davantage de ce que nous savons déjà faire — ce qu’il appelle le « more of the same », ou « plus de la même chose ». Le problème ? Si notre tentative de solution fait elle-même partie du problème, alors redoubler d’efforts dans la même direction ne fera qu’aggraver la situation.
Trois exemples concrets du quotidien
La surprotection parentale et l’anxiété de l’enfant
Des parents inquiets pour leur enfant anxieux décident de le protéger de toutes les situations susceptibles de lui causer du stress — en évitant les sorties scolaires, en anticipant chaque difficulté, en restant constamment disponibles. Cette surprotection, aussi bienveillante soit-elle, envoie à l’enfant un message implicite : « Le monde est dangereux et tu n’es pas capable de le gérer seul. » Elle renforce l’anxiété au lieu de la réduire. Faire toujours la même chose — protéger davantage — amplifie précisément ce qu’elle cherche à éviter.
La peur du rejet et la surveillance relationnelle
Celle qui, craignant le rejet, surveille constamment les signes de désaffection chez l’autre — et par cette surveillance même, crée la distance qu’elle redoutait. Faire toujours la même chose — surveiller, contrôler, questionner — renforce le problème au lieu de le résoudre. L’autre se sent étouffé et s’éloigne, confirmant la peur initiale du rejet.
L’anxiété et l’évitement
Celui qui, pour éviter l’anxiété, fuit systématiquement les situations anxiogènes — et renforce ainsi, jour après jour, le pouvoir de cette anxiété sur sa vie. Selon les données de l’Institut National de la Santé Mentale, l’évitement est l’un des principaux facteurs de maintien des troubles anxieux. L’évitement est une tentative de solution qui maintient et amplifie le problème.
Ce que propose la thérapie brève systémique
La thérapie brève systémique et stratégique, héritière directe des travaux de l’École de Palo Alto, part précisément de ce constat. Avant même de chercher à comprendre les origines profondes d’un problème, elle pose une question simple et radicale :
Qu’est-ce que vous faites pour résoudre ce problème — et est-ce que cela fonctionne ?
Si la réponse est non — et elle l’est souvent —, le travail thérapeutique consiste à identifier ces tentatives de solution inefficaces et à les interrompre. Non pas pour les remplacer par d’autres efforts dans la même direction, mais pour introduire une rupture, un changement de logique, un véritable pas de côté.
C’est ce que Watzlawick appelle le changement de type 2 : non pas faire autrement dans le même cadre, mais changer le cadre lui-même. Changer la logique, pas seulement le comportement.
La thérapie brève systémique à Bruxelles travaille généralement sur une période courte — souvent entre 5 et 10 séances — ce qui en fait une approche particulièrement adaptée aux personnes qui souhaitent des résultats concrets sans s’engager dans une thérapie longue durée.
La « folie » d’Einstein : un regard bienveillant
Il est important de préciser que cette « folie » dont parle Einstein n’est pas une folie au sens clinique du terme. C’est la folie du bon sens — celle qui nous fait croire que si quelque chose n’a pas fonctionné, c’est parce que nous n’avons pas essayé assez fort.
En thérapie brève, cette répétition mérite d’être accueillie avec beaucoup de bienveillance. Elle témoigne d’une chose essentielle : la personne a essayé. Elle a fait de son mieux avec les ressources dont elle disposait. Si elle répète, c’est parce qu’elle ne voit pas encore d’autre chemin — pas parce qu’elle est obstinée ou irrationnelle.
Le rôle du thérapeute est précisément d’ouvrir ce chemin. De montrer qu’il existe d’autres directions possibles. Que le changement thérapeutique n’exige pas toujours plus d’efforts — parfois, il exige simplement un regard différent.
Conclusion : oser faire autrement avec la thérapie brève
Si vous vous reconnaissez dans cette dynamique — si vous avez l’impression de tourner en rond, d’essayer encore et encore sans voir de résultat —, sachez que ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de logique. Et toute logique peut être questionnée, revisitée, transformée.
C’est précisément ce que propose la thérapie brève systémique et stratégique à Bruxelles : une intervention ciblée, respectueuse et efficace sur ce qui maintient le problème aujourd’hui.
Parce que parfois, changer sa vie ne demande pas de tout bouleverser. Il suffit de faire — enfin — quelque chose de différent.
Vous souhaitez explorer une autre façon d’aborder vos difficultés ? Prenez contact avec moi.
Références
- Watzlawick, P., Weakland, J., & Fisch, R. (1975). Changements : Paradoxes et Psychothérapie. Paris : Éditions du Seuil.
- Watzlawick, P. (1980). Le Langage du Changement. Paris : Éditions du Seuil.
- American Psychological Association (2017). Clinical Practice Guideline for PTSD. Washington DC : APA.